Mozart — Fantaisies K396, K397, Rondo K494
Debussy — Estampes, Pagodes, Soirée dans Grenade, Jardins sous la pluie, Bruyères
Margain — Tableaux, Frimas de Songes, Komorebi, I pini di Roma
Gershwin — Trois Préludes
Le récital d’Ismaël Margain est l’un des moments les plus originaux de cette édition : il y joue sa propre musique aux côtés de ses maîtres élus. Mozart d’abord — le Mozart de la surface limpide et de la profondeur insondable, celui que l’on croit connaître et qui résiste à toute saisie définitive. Debussy ensuite, dont la révolution sonore reste l’une des plus radicales de l’histoire du piano : supprimer la verticalité harmonique traditionnelle pour laisser la résonance raconter. Puis une oeuvre de Margain lui-même — moment rare où l’interprète se révèle compositeur et engage sa propre voix. La soirée se clôt avec Gershwin, dont l’élégance populaire et la sophistication harmonique constituent un miroir inattendu du classicisme mozartien qui ouvrait le programme.